On a assez entendu parler de la révolution tunisienne, de la détermination des rebelles, des sacrifices des combattants et  du courage de ce majestueux peuple. Mais on n’a guère entendu parler de véritables stratégies pour nous sortir de cette situation pénible voire alarmante. C’est vraiment le moment d'avoir un sérieux débat sur les solutions à entreprendre et les mesures nécessaires pour tenter de réparer les préjudices laissés par des décennies de dictature misérable. 
Et, à mon humble avis, le système éducatif est en tête de liste des domaines les plus infectés par les toxines de la tyrannie. 
En effet, de sérieux problèmes entravent le progrès de ce domaine, son diagnostic montre que les programmes éducatifs sont loin de développer l'esprit critique ou de stimuler l’esprit d’initiative chez les élèves; au contraire, ils causent une forme de bradyphrénie, encourage la corruptiondes mœurs et produit une faible personnalité qui est, dans le courant de la civilisation, pareille à une branche fragile devant une tempête. 

Effectivement, les programmes scolaires reflètent un niveau retardé scientifiquement et techniquement et soulèvent des sujets qui orientent les pensées de l'élève ou l'étudiant vers des enjeux et des problématiques futiles et sans importance dans plusieurs situations. 
Le baccalauréat tunisien est dépourvu de toute valeur de façon à avoir des générations de diplômés qui ne méritent pas leurs certificats ou, quand c’est le cas, qui possèdent des compétences pour le moins incompatibles avec les besoins du marché de travail. 
Le résultat est un nombre prodigieux de chômeurs qui ont perdu les éléments les plus importants du sens civique. Et, dans ce cas, la marginalisation, l'humiliation, la pauvreté, la solitude avec en prime une dose de souffrance les accueillent avec les bras tendues. 
Par ailleurs, ayant toutes ces heures d'éducation aléatoirement ordonnées présente un fardeau qui prive les jeunes de pratiquer leurs hobbys, de développer leurs capacités et leurs compétences et surtout de s'intéresser à la politique, ce domaine sacré qui brûle chaque main qui tente vainement de le toucher ! 
Ayant tous ces problèmes dans une main et l’espoir et les attentes du peuple dans l'autre main, aucune possibilité d'échec n'est permise : la lumière doit dominer l’obscurité, la science doit remplacer l'ignorance et la corruption doit enfin céder la place au développement. 
Toute une mentalité est censé changer, tout un système doit être remplacé, les premiers pas doivent être prises vers un système éducatif à jour et en harmonie avec des pédagogies qui ont prouvé leur succès. Cela nécessite de mettre la qualité de l'éducation au centre d’intérêt de la nation, de protéger la liberté qui est la clé de la créativité et placer l'intérêt national par-dessus tout.